Contes, histoires...

 

 La parole. Quelle parole ?

Cette histoire se passe dans un village où il se produit ceci de particulier: les gens, à un moment donné de leurs vies, perdent la parole. Certains plus tôt, d'autres plus tard.

Et le temps a passé...

Et ils ont observé...

Ils ont observé que les personnes très bavardes perdaient la parole plus tôt que les autres.

Et le temps a passé..

Et ils ont  compris...

Ils ont saisi que c'était comme si depuis leur naissance leurs mots étaient comptés...et qu'au bout d'un moment il n'en restait point.

Et ils ont décidé...

de ne plus dire que ce qu'il était véritablement utile de dire.

Il semble qu'à présent il  ne s'y dit plus que des paroles de sagesse et jamais plus l'on n'entend quelqu'un se mêler de ce qui ne le regarde pas.

Peut-être s'agit-il de votre village ?  jmg

 

L’empereur et le sage

Ce jour-là, l’empereur se promenait dans son jardin merveilleux. Il s’y promenait avec son conseiller, un vieux sage, joliment rôdé par la vie. L’empereur buvait les silences et les paroles du sage. Ainsi, passa l’après-midi et le soir venu, l’empereur se coucha et s’endormit tranquillement.

Bientôt, des rêves l’envahirent. Rêves ? Cauchemars ? Il vit les animaux, les gens de son royaume s’affoler.

Sur ce, l’empereur s’éveilla et se rendit compte que son palais tremblait réellement, que les portes tombaient, que des murs s’écroulaient. La panique monta en lui et atteignit son comble lorsqu’il perçut, au-delà des grondements, des hurlements. Après un temps qui lui parut interminable, les secousses diminuèrent et il put enfin se lever. Il vit autour de lui gravats, débris, et dans les décombres des gisants, dont l’impératrice et ses enfants.

Il s’écroula et pleura toutes les larmes de son cœur. Aux larmes succéda la révolte. Pourquoi tout cela ? Pourquoi ces morts, ces estropiés ? Il se sentit désespéré et impuissant. Noyé dans sa tristesse, il sentit une main sur son épaule : c’était le sage qui, lui aussi, avait été épargné. Après un temps, l’empereur lui exprima sa révolte et son désespoir.

Le sage l’écouta…

Et ils marchèrent dans ce qui restait de la ville. De temps à autres, ils croisaient des gens, l’air hagard, le regard perdu, les vêtements poussiéreux. Plus l’empereur voyait cela, plus la révolte grandissait en lui. Après l’avoir exprimée encore et encore au sage, il lui dit son sentiment d’anéantissement. Il n’était plus ni époux, ni père, pas plus qu’empereur. Le sage écoutait paroles et silences.

Vint le moment où le sage lui dit : « Que vas-tu faire, à présent ? » L’empereur mit du temps à entendre la question, car que pouvait-il bien faire ? Le sage l’invita à se mettre à reconstruire, à accepter que les choses soient, car « tu ne peux changer ce qui est », lui dit le sage, « mais à partir de ce qui est à présent, tu peux reconstruire, et si tu ne reconstruis pas, tu fuis devant l’une des missions de ta vie.»

L’empereur questionna encore le sage : « Mais pourquoi tout cela ? A quoi tout cela rime-t-il ? Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter cela ? » Le sage soupira et lui répondit fermement : « Qu’as-tu besoin de savoir ? Cela ne t’aidera pas à reconstruire. La seule chose que tu aies besoin de savoir est que la situation dans laquelle tu te trouves est la situation qu’il te faut vivre. Aussi longtemps que tu te demanderas pourquoi cela est arrivé, aussi longtemps que tu seras en train de pleurer sur ta souffrance, tu ne reconstruiras pas. Tu es là, parce que tu es là, et tu peux utiliser la situation le mieux possible. »

Sans intervenir davantage, le sage se sépara de lui.

L’empereur dit alors sa révolte au ciel et à la terre, comme pour leur livrer la violence qu’ils lui avaient décochée au cœur de cette nuit.

Puis, les cadavres furent mis en terre, et au bout de quelques temps, l’empereur et ses quelques rares sujets se mirent à séparer les pierres réutilisables des gravats… D’autres en taillèrent et tous se mirent à rebâtir, à reconstruire d’après de nouveaux plans.

Et après ce temps, vint un autre temps. Temps de vie où fleurs et oiseaux, amour et tendresse, échanges et silences retrouvèrent leurs places.

Histoire extraite du livre "Par amour par rapport à nous-mêmes et par rapport à nos enfant -2-

 

 La femme qui rencontrait Dieu

« Dans un village vivait une femme qui disait rencontrer Dieu en songe toutes les nuits du vendredi au samedi. Tous autour d’elle étaient dubitatifs et au premier chef, le curé du village. Un jour celui-ci eut une idée  pour vérifier les dire de la femme.  Il demanda dans sa prière que Dieu  révèle à la femme une erreur qu’il avait, lui le curé commise dans sa vie. Le samedi suivant, il rencontra la femme et lui demanda si elle rencontrait toujours  Dieu en songe. Elle confirma, et lui dit : «  Dieu m’a dit de te dire que lui ne fait pas comme toi : il ne se souvient d’aucune  erreurs et retient   ce que chacun fait de bien. »  jmg

 

 L'herbe

Le maître envoya ses disciples marcher pieds nus dans l'herbe perlée de rosée. Au bout d'un grand temps, il les fit se rassembler et leur demanda ce qu'ils avaient constaté. Toutes sortes de choses furent évoquées, quand l'un d'eux dit :" Quand mon pied s'est posé sur l'herbe celle-ci s'est couchée...et un peu plus tard, alors que j'avais refait quelques pas, elle était de nouveau redressée. Le sage conclut : " l'herbe t'a montré ce dont tu es capable, même à terre, tu es capable de te relever."   jmg

 

Extrait du symbolisme du conte «  La princesse et la grenouille »

« La grenouille est un des aspects de la princesse, un aspect qu’elle ne veut pas voir, auquel elle ne veut pas toucher. Cette grenouille est comme ces choses en nous  dont nous  savons pertinemment qu’elles ne vont pas  et que pourtant nous ne réglons pas.  Le conte nous montre que tant que nous n’avons pas réglé le problème, il va nous poursuivre. Le régler veut dire mettre les mains dans le cambouis,  et non nous dire qu’avec le temps cela va s’arranger . Oui souvenons-nous que la princesse a fui la grenouille, ce qui n’a pas empêché cette dernière de finir par la rattraper : oui, les choses non réglées nous rattrapent et elles ne se lassent pas.

 Ce conte nous révèle un autre aspect de nous – même : le roi, ou plus précisément notre royauté intérieure. Tout être a une dimension royale. Elle est  cette part de nous qui sait nous gouverner pour peu que nous l’écoutions.  Elle est la voix de la conscience qui est  en chacun et  qui nous incite  à la justesse et au respect des lois ontologiques de la vie ; c’est elle qui tente de nous maintenir sur le chemin de notre centre ; c’est elle qui intervient en nous lorsque nous empruntons des chemins de traverse qui nous conduisent vers de grouillants marécages.... » 

jacqueline-marie ganter