Contes, histoires...

 

 Un sage propose une longue méditation autour d'une bougie allumée. A la fin de la méditation, quand la bougie est consumée, il demande ce que la bougie a déposé dans leur oreille...Après un temps de silence , il reprend : Vous êtes à l'image de cette bougie. Chacun de vous, jour après jour se consume. Mais ce n'est pas cela la chose la plus importante. Ce qui est important dans ce que la bougie nous a montré, c'est que tout au long de son existence, elle a donné de la lumière. Vous êtes à l'image de cette bougie....L'êtes-vous ?

 

La parole. Quelle parole ?

Cette histoire se passe dans un village où il se produit ceci de particulier: les gens, à un moment donné de leurs vies, perdent la parole. Certains plus tôt, d'autres plus tard.

Et le temps a passé...

Et ils ont observé...

Ils ont observé que les personnes très bavardes perdaient la parole plus tôt que les autres.

Et le temps a passé..

Et ils ont  compris...

Ils ont saisi que c'était comme si depuis leur naissance leurs mots étaient comptés...et qu'au bout d'un moment il n'en restait point.

Et ils ont décidé...

de ne plus dire que ce qu'il était véritablement utile de dire.

Il semble qu'à présent il  ne s'y dit plus que des paroles de sagesse et jamais plus l'on n'entend quelqu'un se mêler de ce qui ne le regarde pas.

Peut-être s'agit-il de votre village ?  jmg

 

L’ascension des grenouilles

Dix grenouilles, qui n’avaient jamais quitté leur marécage, voulurent un jour escalader une montagne pour en atteindre la cime. Elles se réunirent donc de beau matin, devant une foule venue assister à leur départ. Avant même qu’elles ne partent, les critiques fusaient de toutes parts. Tous doutaient de leurs capacités à réussir et l’on entendit : « Vous n’y arriverez jamais ! Vous feriez mieux d’abandonner tout de suite ! » Cependant, les grenouilles partirent à petits pas rapides.

En cours de montée, elles rencontrèrent des marcheurs qui leur demandèrent où elles allaient ainsi. A leur réponse, les marcheurs leur dirent qu’elles feraient bien de faire demi-tour tout de suite, que jamais elles n’y arriveraient. Cinq d’entre elles décidèrent de redescendre. Les cinq autres poursuivirent leur ascension.

Plus haut, nouvelle rencontre avec un groupe de marcheurs. Ils posèrent la même question aux grenouilles fatiguées. Même réponse. Quatre d’entres elles renoncèrent à poursuivre leur rêve. L’une d’elles continua et au terme d’un bel effort arriva au sommet. Elle regarda. Quelle beauté ! se dit-elle.

Lorsqu’elle revint parmi les siens, elle fut l’objet d’admiration... et d’études. Oui, des scientifiques étaient arrivés pour voir ce que cette petite grenouille avait de particulier qui lui avait permis d’atteindre la cime de la montagne. Ils constatèrent qu’elle n’était en rien différente des autres, hormis que ses oreilles n’entendaient pas les sons émis par la voix des hommes. La différence entre elle et les autres, c’est qu’elle n’avait pas entendu qu’elle n’arriverait pas à réaliser son rêve.

Cette histoire nous rappelle joliment le pouvoir des mots que nous adressons à nos enfants et aux personnes que nous côtoyons.

« Chacun peut vérifier si ses paroles

constituent un moteur

ou un frein. »

Histoire extraite du livre "Par amour par rapport à nous-mêmes et par rapport à nos enfant -2 et  inspirée du « Conteur Philosophe » de Michel Piquemal   Ed Albin Michel 

 

 La femme qui rencontrait Dieu

« Dans un village vivait une femme qui disait rencontrer Dieu en songe toutes les nuits du vendredi au samedi. Tous autour d’elle étaient dubitatifs et au premier chef, le curé du village. Un jour celui-ci eut une idée  pour vérifier les dire de la femme.  Il demanda dans sa prière que Dieu  révèle à la femme une erreur qu’il avait, lui le curé commise dans sa vie. Le samedi suivant, il rencontra la femme et lui demanda si elle rencontrait toujours  Dieu en songe. Elle confirma, et lui dit : «  Dieu m’a dit de te dire que lui ne fait pas comme toi : il ne se souvient d’aucune  erreurs et retient   ce que chacun fait de bien. »  jmg

 

 L'herbe

Le maître envoya ses disciples marcher pieds nus dans l'herbe perlée de rosée. Au bout d'un grand temps, il les fit se rassembler et leur demanda ce qu'ils avaient constaté. Toutes sortes de choses furent évoquées, quand l'un d'eux dit :" Quand mon pied s'est posé sur l'herbe celle-ci s'est couchée...et un peu plus tard, alors que j'avais refait quelques pas, elle était de nouveau redressée. Le sage conclut : " l'herbe t'a montré ce dont tu es capable, même à terre, tu es capable de te relever."   jmg

 

Extrait du symbolisme du conte «  Les musiciens de Brême»

« Un meunier possédait un âne qui, durant de longues années, avait inlassablement porté des sacs au moulin, mais dont les forces commençaient à décliner. »

Le meunier est celui qui, avec l’usage de l’eau et parfois de l’air, transforme le fruit de la terre pour en faire de la nourriture. Il est un entre-deux : il fait lien entre terre et eau ou air. Il se situe aussi entre la terre qui donne le grain et l’homme qui se nourrit de ce grain moulu.

Il « possédait » : ce verbe à l’imparfait nous informe que le meunier détenait quelque chose dont il a fait ce qu’il voulait, mais qu’il ne l’a plus.

L’âne, considéré comme une humble monture qui obéit, était au service du meunier : « il portait des fardeaux ».

Dans notre société, lorsque nous parlons de l’âne, nous parlons du sot. Là, l’âne est celui qui guide.

Sous nos horizons, l’âne est, avec le lièvre, l’un des rares animaux à avoir de grandes oreilles placées au-dessus de la tête. Elles constituent en quelque sorte des antennes. Les oreilles sont le symbole de la réceptivité silencieuse et sonore. De par leur placement sur la tête, l’âne sait écouter et entendre ce qui lui vient d’ailleurs que de sa tête.

La réceptivité symbolise la part féminine de l’humain. Le féminin est symboliquement en lien avec la terre, la lune et l’eau ; le ciel, le soleil et le feu étant des symboles de la part masculine de l’être.

L’élément terre confère à l’homme les ressources telles : la force tranquille, la fermeté, la rigueur, la stabilité.

Par ailleurs, la fluidité, l’adaptabilité, la transformation sont celles liées à l’eau. Cette dernière peut passer de l’état liquide à l’état gazeux et quand elle se fige, elle devient glace (verglas). Elle nous informe que quand nous cessons d’être fluides, nous risquons de déraper...

Par la lune, le principe féminin nous rend capable de créativité, de mutations profondes et de traverser les « nuits » de nos vies.

« De longues années » montre que l’âne a servi fidèlement le meunier et qu’il est fiable.

« Mais ses forces commençaient à décliner » évoque l’usure, la baisse de l’énergie, et le vieillissement.

La totalité de la première phrase nous présente l’état des lieux. Grâce au titre du conte, nous pouvons, dès lors, imaginer que cette histoire racontera une mutation, une libération.